#USA Janelle Monae, l’electric lady


Vous vous êtes certainement remuées sur Tight rope, avez fait votre plus belle démarche sur Electric Lady, il était donc temps que Janelle Monae apparaisse sur Parlons des Femmes Noires. Née le 1er décembre 1985, Monae a amené sous un autre jour la soul music avec son premier album ArchAndroid, en 2010. C’est dans une esthétique graphique que Monae exprime son originalité, reprenant les codes mythiques d’une culture soul mais aussi cinématographique, dans l’élaboration de Metropolis, et les deux suites The ArchAndroid :

« L’album sorti le 18 mai 2010. la seconde et la troisième suite deMetropolis sont combinées dans cette version, dans laquelle l’alterego de Monáe, Cindy Mayweather – qui est aussi la protagopniste de Metropolis: The Chase Suite – devient unMessie de la communauté android de Metropolis11. Monáe precisa qu’elle prévoyait de réaliser une vidéo pour chaque chanson de The ArchAndroid et de créer à la fois un film et un roman graphique basés sur l’album12« 

En 2013, Janelle Monae revient donc avec son album Electric Lady, dont le duo Q.U.E.E.N avec Eryka Badu ouvrira le bal, marquant les esprits du grand public. La texture de soul rétro laisse la place à une teneur un peu plus funk. Mais, plus que sa musique, ce sont ses textes et son univers qui fascinent, donnant une image différente de la femme noire dans ce qu’elle peut inspirer.

Métropolis : afrofuturism et métamorphose

Halte aux idées reçues ! Les comics, la science-fiction et le futurisme en général sont tellement stigmatisés comme n’étant pas destiné à – ou ne concernant pas – un public afro qu’il était important de revenir sur le style afrofuturiste de Janelle Monae !

Si l’Afropunk a montré le bout de son nez notamment avec des célébrités connues du grand public comme Azealia Banks,  vous avez certainement croisé l’Afrofuturisme avec le craquage Sasha Fierce de Beyonce et l’esthétique « main ou tenue robotisée » dans le clip Sweet Dreams et sur scène. Alter ego, cyborg, univers futuriste avancé, Janelle Monae a poussé cette esthétique dans son clip « Many Moons« , un style qui reste le fil conducteur de Metropolis.

Si l’on attire l’attention sur l’afrofuturisme, c’est parce qu’en plus d’arborer des tenues dites masculines – costumes, noeud papillon, chapeau melon – au début de sa carrière, Monae cultive le subversif en reprenant à la fois des codes afrofuturistes que l’on voit peu et  à la fois des codes rétro, le tout en multipliant les coiffures afro naturelles.

tumblr_nazvnfEFQo1rs21yho1_250

En d’autres termes, les comparaisons d’elle avec Bowie concernant son excentricité n’est que le socle d’une artiste qui veut faire entendre, çà et là, ce que peut être la femme noire. Cette démarche afrocentrique semblait timide dans le premier album, où des paroles comme celles de Cold War semblaient à demi-mots:

« Donc tu penses que je suis seule ?

Mais être seule est la seule manière d’être

Lorsque tu es à part

Tu passes ta vie à te battre pour ta santé mentale

 

J’essaie de trouver ma paix,

On m’a fait croire que quelque chose clochait chez moi

Et cela blesse mon coeur »

 

So you think I’m alone?
But being alone’s the only way to be
When you step outside
You spend life fighting for your sanity »

« I’m trying to find my peace
I was made to believe there’s something wrong with me
And it hurts my heart
Lord have mercy, ain’t it plain to see?

That this is a cold war
Do you know what you’re fighting for?
This is a cold war
You better know what you’re fighting for »

Q.U.E.E.N: Engagement et empowerment de la femme noire

 

Electric Lady comptait déjà quelques références de la culture afro américaine, ciblant par exemple les filles de Kansas City et d’Atlanta, villes ayant une population majoritairement noire. Mais Q.U.E.E.N reste sans contexte le titre le plus parlant de l’album : références à des féministes afro-américaines et militant(e)s antiracistes, reprenant des icônes panafricaines jusqu’aux clins d’oeil plus modernes comme le twerk et la silhouette callypyge , Janelle Monae s’adresse aux femmes noires et à leur condition dans leur société ! Pour aller plus loin, voir cette analyse de toutes les références.

J’ai posé une question comme celle-ci
Sommes-nous une génération perdue de notre peuple?
Ajoutez-nous à des équations, mais ils ne pourront jamais nous rendre égaux.
Elle qui écrit le film possède le script et la suite.
Alors pourquoi le vol de mes droits n’est-il pas illégal ?
Ils ne cessent de nous faire travailler durement sous terre pour les cupides,
Mais quand il est temps de payer ils se retournent et nous disent nécessiteux.
Ma couronne trop lourde comme la reine Néfertiti
Rends-moi ma pyramide, je suis en train de libérer de Kansas City.

Esprits dérangés comme votre nom Bernie Grundman.
Eh bien, je vais continuer de diriger comme une jeune Harriet Tubman
Vous pouvez prendre mes ailes mais je suis toujours goin ‘mouche
Et même quand vous me modifier, the bootie don’t lie
Oui, continuer à chanter et je vais garder l’écriture de chansons
Je suis fatigué de Marvin me demandant, « Qu’est-ce qui se passe? »
Marche de la rue, je suis prête et j’en suis capable
Catégorisez-moi, je défie toutes les étiquettes
Et tandis que vous vendez la dope, on va continuer à vendre l’espoir
Nous levant maintenant, tu dois composer tu dois faire face
Serez-vous des moutons électriques?
Dames électriques, dormirez-vous ?
Ou allez-vous prêcher ? »

 

I asked a question like this
Are we a lost generation of our people?
Add us to equations but they’ll never make us equal.
She who writes the movie owns the script and the sequel.
So why ain’t the stealing of my rights made illegal?
They keep us underground working hard for the greedy,
But when it’s time pay they turn around and call us needy.
My crown too heavy like the Queen Nefertiti
Gimme back my pyramid, I’m trying to free Kansas City.

Mixing masterminds like your name Bernie Grundman.
Well I’m gonna keep leading like a young Harriet Tubman
You can take my wings but I’m still goin’ fly
And even when you edit me the booty don’t lie
Yeah, keep singing and I’mma keep writing songs
I’m tired of Marvin asking me, « What’s Going On? »
March to the streets ’cause I’m willing and I’m able
Categorize me, I defy every label
And while you’re selling dope, we’re gonna keep selling hope
We rising up now, you gotta deal you gotta cope
Will you be electric sheep?
Electric ladies, will you sleep?
Or will you preach?

Janelle Monae s’est ainsi distinguée par la répétition de son engagement envers sa communauté, s’inscrivant aux yeux des afro-américains dans la Black excellence, aux côtés de femmes noires renommées et engagées comme Nina Simone.

Source:
Bio
Dessin de Mshindo
Dessin de Sara Golish
L
yrics de Janelle Monae

 

Publicités

2 réflexions sur “#USA Janelle Monae, l’electric lady

Partagez un avis ou une information

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s