#USA Lysa Cooper, styliste à ne pas manquer.


On connaît la fâcheuse whiteness qui fait débat chaque année lors des Fashion Week, et si le sujet est l’occasion de mettre en avant certains mannequins, certaines stylistes manquent tout autant de visibilité. Julia Sarr Jamois s’était déjà distinguée par son parcours, ex-mannequin devenue styliste freelance très prisée des marques comme Sonia Rykiel ou Topshop. Néanmoins, loin des défilés haute couture, le profil de Lysa Cooper est tout aussi impressionnant.

Née en 1966 à New York, Lysa a travaillé dans la publicité avant de faire son chemin dans l’industrie de la mode. Elle est particulièrement remarquée du grand public en octobre 2012 en tant que jury dans l’émission télé-réalité Style to rock, une compétition entre douze apprentis stylistes, présidée par Rihanna. En effet, la collaboration entre la chanteuse et la styliste n’est pas un hasard  puisque Cooper est à l’origine du changement de look de la Barbadienne.

« J’ai travaillé avec elle [Rihanna] sans savoir qui elle était. »

On lui doit également le style sporty chic arboré par Beyoncé dans les derniers clips Drunk’n’love, Flawless et X.O. Une esthétique au croisement du sport wear  et du sophistiqué, pour une styliste qui n’hésite pas à critiquer une industrie fashion plus soucieuse de faire coller le produit à une idée que de réfléchir au produit même :

« Je pense que nous arrivons tous à une période étrange, en ce moment, et le World Wide Web, comme j’aime à l’appeler parce que je suis une vieille, a vraiment foutu la merde. Il est vrai qu’il y a beaucoup de points positifs à ce que tout le monde ait accès à l’information, mais, ce qui se passe, quand les gens ont accès à l’information, c’est qu’ils pensent qu’ils ont l’autorité sur ces informations. Ou bien franchement, qu’ils les ont fait eux-mêmes. Ou mieux encore, qu’ils savent mieux que vous.

Donc ce à quoi vous avez affaire c’est beaucoup de gens de marketing, beaucoup de cadres, beaucoup de gens assis dans une pièce, portant des chaussures de merde, qui essaient de me parler de la mode. Vous ne savez même pas comment descendre chez le cordonnier et réparer votre talon, mais vous allez me dire ce que je devrais faire ?« 

Un franc parler qui séduit et détonne dans un univers ultra lissé. L’artiste n’hésite pas à clamer également son ennui face à une esthétique Tumblr: «  J’aime un imprimé floral. J’aime une veste en jean. J’aime un peu les cheveux sales. Jetés tous ensemble, ce n’est pas la mode.« , ce qui l’inspire est davantage les enfants et les sans-abris qu’elle considère beaucoup plus intéressants dans leur capacité à oser, sans se soucier du regard extérieur.

Dans son carnet d’adresse ? Rihanna, Beyoncé, Bruno Mars, Common ou encore Shakira; mais malgré ces grands noms, Cooper se réclame une liberté artistique, ne souhaitant pas rester dans l’entourage de ces stars comme la styliste attitrée, ce qui ne l’empêche pas de se lier d’amitiés pour certaines d’entre elles.

Malgré une personnalité bien affirmée, elle ne cache pas une profonde lassitude vis à vis de ces magazines qui ne font plus confiance aux artistes, mais qui visent davantage la rentabilité. Et quand on lui demande comment elle fait pour être une anti-conformiste dans un milieu qui ne demande que ça, elle répond :

« Je pense que la chose très importante qui joue à mon avantage, et parfois à mon désavantage, c’est que je ne suis pas là pour me faire des amis. J’ai beaucoup d’autres amis. Je tiens à garder cela vraiment professionnel. (…) Et je pense que, pour beaucoup de gens, ils me veulent dans leur entourage gratuitement. Je ne suis pas intéressée. Par conséquent, il est préférable de travailler avec des gens que vous ne connaissez pas vraiment. Vous n’avez pas à perdre votre temps à essayer d’être les meilleurs amis. (…)  Et pour quoi faire? Ils vont tous vous entuber au final. »

En attendant que Wikipédia rectifie ses erreurs de photos pour Julia Sarr Jamois et se rende compte de l’existence de Lysa Cooper,  Parlons des Femmes Noires tenait à souligner le caractère fort de cette grande artiste, styliste depuis plus de dix ans et dont l’authenticité nous inspire.

What’s Good in Style with Lysa Cooper from Tendaji on Vimeo.

« On nous a appris que nous n’étions pas belles et que l’on doit être conforme et je pense que la plus belle chose, que le bon goût est dans le fait de voir une femme qui sait qui elle est ,qui assume qui elle est. Et ceci est la plus grande lutte : trouver son identité et  être capable de s’habiller  de manière à embellir ce que l’on est, de la manière dont on pense le mériter. »
Lysa Cooper

Source: 1, 2

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